Coulisses Label Vanlife

Pourquoi Label Vanlife n'est pas encore sur toutes les foires expo… et pourquoi c'est un choix

10 mai 20265 min de lecturePar Clément — Label Vanlife

On nous pose parfois la question : pourquoi vous n'êtes pas encore partout ? Dans les grands salons vanlife, les médias spécialisés, les kakémonos au Salon du Camping-Car ? La vérité, c'est que c'est un choix. Et derrière ce choix, il y a une conviction sur ce que doit être un projet qui dure.

On m'a posé la question franchement la semaine dernière, pendant un échange avec un gérant de camping du Vaucluse.

"Vous n'étiez pas au Salon du Véhicule de Loisirs cette année ?"

Non.

"Ni au Rando Vanlife de Millau ?"

Pas encore.

Il a hoché la tête, comme si ça confirmait quelque chose qu'il pensait déjà. Puis il a ajouté, avec un sourire en coin : "Vous savez, les projets qui débarquent partout d'un coup, j'en vois passer. En général, trois ans plus tard, ils ont disparu."

Il m'a tendu un café. Et on a continué à parler de ce que ses clients en van lui demandent, de ce qui manque vraiment sur le terrain, de ce que le mot "accueil" veut encore dire quand on l'applique à des voyageurs en fourgon.

C'est exactement pour ces conversations-là qu'on n'est pas encore sur les foires expo.


Le piège de la visibilité trop tôt

Dans le monde de la vanlife — comme dans beaucoup d'univers devenus "lifestyle" — la visibilité peut vite devenir une drogue. Un stand bien designé, un Combi VW rétro posé au milieu d'un salon, des tote bags frappés au logo, des réseaux sociaux qui grossissent… et l'impression d'exister.

Mais exister pour quoi ?

J'ai vu des projets similaires au nôtre se lancer avec beaucoup de bruit. Des levées de fonds, des partenariats médias, des stands à 15 000 euros sur des salons. Et deux ans plus tard, les sites sont en maintenance, les communautés silencieuses, les fondateurs passés à autre chose.

Ce n'est pas un jugement. C'est un constat qui m'a poussé à me poser une question simple : est-ce qu'on veut faire du bruit, ou est-ce qu'on veut construire quelque chose qui tienne ?


Ce qu'on a choisi de faire à la place

Plutôt que de payer des stands, on a passé du temps sur les routes. À rencontrer des gérants de camping qui cherchent une clientèle différente. Des familles en van qui veulent des étapes où elles se sentent attendues. Des voyageurs solo qui en ont assez des parkings de supermarché comme unique alternative au bivouac interdit.

On a écouté des gens qui accueillent des vans depuis dix ans et qui savent exactement ce qui se passe quand un réseau de confiance n'existe pas : les mauvaises expériences pour tout le monde, les panneaux d'interdiction qui fleurissent, la méfiance qui s'installe des deux côtés.

Ce travail-là, il ne se voit pas. Il ne fait pas de vues sur Instagram. Mais c'est lui qui construit les vraies fondations.


La vanlife "Instagram" a déjà un problème

Soyons honnêtes : la vanlife est devenue très belle à regarder sur un écran. Les photos de couchers de soleil, les fourgons impeccablement aménagés, les couples souriants devant des lacs turquoise. C'est inspirant. Mais ça cache une réalité de terrain que les vanlifers connaissent bien.

Des spots saturés dès juillet. Des agriculteurs qui ont posé des chaînes là où ils ouvraient leur champ avant. Des villes balnéaires qui interdisent le stationnement de nuit toute l'année, pas seulement en août. Des campings qui refusent les "vans aménagés" parce qu'ils en ont assez des problèmes.

La vanlife grandissante a créé des tensions. Et ces tensions ne se règlent pas avec un stand de salon ou une campagne d'influence.

Elles se règlent avec de la confiance. Et la confiance, ça prend du temps.


Les foires viendront — mais à leur heure

Ce n'est pas qu'on ne veut jamais être visible. Évidemment qu'un jour on sera sur des événements, dans des festivals, dans des médias. On a même cette image d'un stand rêvé — un vrai Combi VW au centre, des gens qui s'arrêtent, des échanges vrais, des gérants de camping et des vanlifers qui se rencontrent sous la même enseigne.

Mais quand ce jour arrivera, on veut avoir quelque chose à raconter. Pas un concept. Une histoire. Des lieux qui accueillent vraiment. Des membres qui reviennent. Des retours de terrain qui prouvent que le modèle fonctionne.

Pas juste un logo sur un kakémono.


Le gérant du Vaucluse m'a raccompagné jusqu'au van ce soir-là. Avant de partir, il m'a dit une chose que je n'ai pas oubliée :

"Le problème avec la vanlife, c'est que tout le monde veut le résultat sans faire le chemin. Vous, vous faites le chemin."

C'est peut-être la meilleure définition de ce qu'on essaie de construire.

Moins vite. Plus profondément. Pour que ça dure.


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